L’ALPINE A290 RALLYE PLUS EN DéTAILS

Après ses débuts en compétition au début du mois au rallye de l'Indre, l'Alpine A290 Rallye apparaît petit à petit sur les listes des engagés des rallyes de Coupe de France. L'arrivée de cette voiture 100% électrique sur les rallyes français a soulevé de nombreuses interrogations. Pour y répondre, nous avons de nouveau fait appel à Sylvain Alanore, directeur adjoint des véhicules Alpine Racing.

Comment s'est déroulé la première édition du trophée A290 Rallye au rallye de l'Indre ?

"C'était un super événement avec zéro problème de fiabilité sur les voitures, et des performances intéressantes par rapport aux Rally5 et Rally4 qui étaient présentes. C'était sympa d'être mélangé pour la première fois aux autres voitures, et de voir que tout fonctionnait parfaitement. L'histoire est lancée et c'était vraiment intéressant de se retrouver dans cet environnement. Depuis, on a vu que plusieurs pilotes ont roulé sans nous en Coupe de France, et ça va continuer en cette fin d'année avec par exemple, une voiture au rallye de Pont l'Évêque, et une autre au Cévennes Race Track. Comme c'est un nouveau produit, assez différent des voitures habituelles, on fait pour l'instant un gros suivi de nos clients pour vérifier que tout se passe bien."

Quels sont les pneus utilisés par cette A290 Rallye ?

"Ce sont des pneus 18' Michelin identiques à ceux des Rally2. En Coupe de France, les 4 gommes seront disponibles, alors que pour notre trophée, il y en aura normalement seulement deux pour diminuer les coûts. Le pneu est cher à l'achat par rapport à une Rally4 ou une Rally5, mais la longévité est vraiment très élevée, donc ça revient un peu près au même."

Plusieurs pilotes ont regretté la présence d'un antipatinage trop intrusif sur l'Alpine. Est-ce que c'est quelque chose qui sera réglé à l'avenir ?

"L'antipatinage est quelque chose que l'on a un peu loupé, on va dire que c'est le seul défaut de jeunesse. On roule actuellement en essais et on va notamment bosser là-dessus. Ce problème va disparaître, ce n'est qu'une question de cartographie à régler, il n'y aura aucune pièce à changer."

En termes de sécurité, est-ce que la voiture affiche une lumière comme les anciennes Rally1 hybride ?

"C'est exactement le même système que sur les Rally1 avec une lumière qui est présente sur la vitre arrière et le pare-brise. En plus de la lumière, verte ou rouge, la voiture va émettre un son très bruyant si la voiture est dangereuse et qu'il ne faut pas la toucher. Impossible de ne pas l'entendre ! De leur côté, les commissaires peuvent suivre directement une formation en e-learning qui est disponible sur le site officiel de la FFSA. Au rallye de l'Indre, on avait également organisé un briefing pour les former avant le départ."

Quand on parle d'une voiture électrique, on évoque toujours la question de l'autonomie. Qu'est-ce que ça peut donner sur un rallye régional par exemple ?

"Sur certains rallyes régionaux, il n'y aura pas besoin de recharger. Ça dépendra du parcours de liaison et du profil du rallye. Globalement, c'est l'organisation qui aura la main pour adapter son rallye aux voitures électriques en trouvant par exemple des emplacements de bornes publiques déjà existants. Une borne 22 KW classique peut suffire par exemple, et on peut en voir un peu partout maintenant. Les organisateurs pourront dans certains cas s'adapter facilement, comme au rallye Vienne et Glane, où ils avaient décalé le pointage d'entrée pour permettre aux équipages de charger sur des bornes dans la zone d'assistance. Pour le prochain rallye des Côtes du Tarn, tout sera prêt si besoin avec 5 ou 6 bornes 100 KW qui seront disponibles aux concurrents. En termes de coût, les concurrents feront comme avec une voiture électrique normale en payant directement via une application ou avec leur carte bancaire. Pour que ce soit plus clair pour les organisateurs et les concurrents, on met aussi à disposition un fichier Excel qui peut calculer l'autonomie et les temps de charges en fonction de plusieurs paramètres comme la distance des spéciales et des liaisons ou encore les durées d'assistance."

Face à la A290 Rallye, Stellantis va aussi faire rouler sa Mokka GSE Rally en compétition en 2026. Est-ce que ce sont deux autos comparables ?

"Oui, on aura normalement des performances similaires. La capacité de la batterie te limite de toute façon dans l'exploitation de cette batterie. Tu peux avoir plus de puissance, mais si tu n'as pas l'autonomie pour l'exploiter, ce sera inutile. Pour l'instant, Stellantis a une stratégie différente de la nôtre en limitant sa voiture à sa formule de promotion. On va pouvoir comparer les performances des deux voitures rallye Vosges Grand Est où les deux coupes seront présentes. Dans le cadre du championnat de France, les voitures rouleront en doublure sur un parcours de 120 à 130 km de spéciales."

Un petit mot aussi sur les projets 2026 chez Alpine Racing/Renault. Est-ce qu'il y aura encore du WRC3 avec un soutien officiel aux vainqueurs des trophées Clio ?

Pour le WRC3, ce n'est pas encore figé avec eux. Il faudra voir aussi avec l'envie des pilotes, et on n'a pas encore le temps d'avoir de vraies discussions. Mika a gagné il y a quelques semaines, mais Zielenski vient juste de gagner le Var donc on n'a pas vraiment parlé de 2026. Il est probable que l'on voit des voitures en mondial, mais pour l'instant, aucune certitude."

On voit désormais des Clio dans toutes les catégories...mais il manque une Clio Rally2, est-ce que c'est un projet en cours ?

"On aimerait tous que ce soit le cas, moi le premier, mais pour l'instant, il n'y a rien du tout à ce sujet."

2025-12-02T18:37:54Z